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Comment monter un Reel Instagram avec Claude Code

Depuis quelques semaines, je vois les mêmes posts passer sur Insta.

« L'IA a monté ma vidéo. »
« J'ai plus touché CapCut. »
« Le motion design, c'est fini. »

À chaque fois, je clique sur le résultat.

Bof. 🤷‍♂️

Du montage basique, des animations qui sentent l'IA à dix kilomètres. Le même souci que les sites pondus en « vibe coding » : ça marche, ça s'affiche, mais ça sent le « généré par une machine ». Je me suis dit que l'IA plafonnait là.

Je me trompais.

Hier et aujourd'hui, je m'y suis mis pour de vrai. J'ai monté mon dernier Reel en entier avec Claude Code et HyperFrames. Visage incrusté, motion design sur chaque phrase, sous-titres, sound design, musique. Tout. Le résultat est sur mon Insta @LeMondeDuMarketing. Va le voir, puis reviens.

Est-ce que l'IA peut monter des vidéos ? Oui. Et depuis un moment déjà.

Mais est-ce qu'elle peut gérer le motion design, les sous-titres, les sound effects, la musique… et que ce soit nickel ?

C'est ce que je suis allé vérifier.

Les deux outils (et ce qu'ils font)

Deux briques, et seulement deux.

Claude Code. C'est l'IA d'Anthropic, mais en version agent dans ton terminal. Elle ne se contente pas de répondre, elle agit : elle crée des fichiers, écrit du code, lance des commandes. Il faut un abonnement payant, le plan à 20 €/mois suffit pour démarrer.

HyperFrames. C'est lui qui transforme des animations HTML/CSS en vidéo. Gratuit. Tu as une interface graphique pour prévisualiser, et derrière, chaque section de ta vidéo est un petit bout de code animé. L'avantage, c'est que Claude Code sait écrire ce code les yeux fermés. Donc tu décris ce que tu veux, il l'anime, et HyperFrames le rend en MP4.

Claude Code réfléchit et fabrique. HyperFrames affiche et exporte. C'est tout.

La vraie différence : tu transfères ton système, pas une consigne

Voilà le truc que personne ne dit.

La plupart des gens balancent à Claude : « anime cette vidéo », « fais un visuel pour ce passage », « mets plutôt du bleu ». Trois lignes, et ils s'arrêtent là. Forcément que ça fait IA. Tu as délégué ton goût à la machine. 🤖

Moi, j'ai fait l'inverse. J'ai passé des heures à lui expliquer mon système.

Mes couleurs exactes. Mes polices. Le fait que par défaut je scinde l'écran en deux, ma tête en bas et l'animation au-dessus, sauf quand une section mérite le plein écran. Ma règle d'or : zéro gros texte qui répète ce que je dis déjà à l'oral. Ce que j'aime, ce que je déteste, mes manies de monteur.

L'IA ne devine pas ton style. Elle exécute le tien, si tu le lui donnes.

C'est long, c'est chiant. Mais c'est exactement là que se joue la différence entre un montage qui sent l'IA et un montage qui te ressemble.

La méthode, étape par étape

D'abord, je me filme, comme d'habitude. J'ai fait mes coupes sur CapCut pour virer les blancs, puis je lui ai donné la vidéo. La prochaine fois, je tenterai de lui filer la vidéo brute et de le laisser couper lui-même.

Ensuite, on a déroulé.

1. Il transcrit et découpe en sections

Première chose : Claude transcrit la vidéo. Il « entend » ce que je dis, mot par mot, avec le timing. À partir de là, il découpe le discours en sections logiques. Mon Reel en avait huit : l'accroche, le principe, la preuve, deux étapes de tuto, le prix, le bénéfice, le call to action.

Chaque section devient un terrain de jeu pour le motion design.

L'interface HyperFrames : les 8 sections du Reel dans la barre de gauche, l'aperçu en écran scindé au centre, la timeline en bas

2. Le motion design sur chaque phrase

C'est le cœur. Pour chaque section, il génère une animation qui illustre ce que je raconte. Pas du texte qui répète ma voix. Des schémas, des icônes, des flux, des comparaisons visuelles.

Par défaut, on est en écran scindé : l'animation occupe le haut, ma tête recadrée occupe le bas. Quand une section mérite de remplir l'écran, on bascule en plein écran et ma tête disparaît derrière le visuel.

Une section en écran scindé : le motion design en haut, mon visage en bas

3. Les sous-titres

Là encore, je ne l'ai pas laissé improviser. Je lui ai donné ma police habituelle et mes réglages exacts, ceux que j'utilise sur CapCut. Et surtout mes règles de placement.

En écran scindé, le sous-titre se pose pile à la jointure entre l'animation et mon visage. En plein écran, il passe dessous. Une ligne, jamais deux. Des blocs de 2 à 6 mots, coupés là où la phrase respire. Jamais de point. Jamais une coupure qui laisse une phrase en plan.

Des détails ? Oui. Mais c'est la somme des détails qui fait que ça ne ressemble pas à un template.

4. La revue, section par section

Une fois la base posée, j'ai repassé chaque section au crible. Et quand son visuel ne suffisait pas, je lui filais de la matière.

Sur la section preuve, je voulais montrer un vrai repo GitHub. Je lui ai donné la capture d'écran et je lui ai dit : affiche cette image, zoome progressivement, et surligne en jaune le compteur d'étoiles, les « 32,4k stars ». Il l'a fait. Au pixel près.

Le repo GitHub avec le compteur d'étoiles surligné en jaune

Plus loin, je voulais montrer le nom du repo, puis deux commandes d'installation, surlignées l'une après l'autre. Pareil. Je décris, il exécute, je valide ou je corrige.

5. Les vrais logos, pas des approximations

Petit point qui change tout sur le rendu. Je lui ai donné accès à theSVG, un outil qui va chercher les vrais logos de marques en SVG. Donc quand mon Reel parle de Claude, GitHub, OpenRouter, DeepSeek ou Kimi, ce sont les vrais logos qui apparaissent. Dans leurs couleurs d'origine, propres, nets.

C'est le genre de détail qui sépare un montage amateur d'un truc qui inspire confiance.

6. Le sound design en un seul coup

Étape que je redoutais, et qui s'est révélée la plus bluffante. J'ai pris tous les effets sonores que j'utilise habituellement dans CapCut, une dizaine, et je les ai exportés à la main.

Ensuite je les ai décrits à Claude. Le riser, je le mets sur l'accroche, il finit pile à la fin du hook. Les bruits de déclencheur d'appareil photo, c'est pour les transitions de section, et il faut les alterner. Le feutre, c'est pour les surlignages. Le clavier, pour le mot-clé qui se tape. Les clics, pour les éléments qui apparaissent. Et pour le reste, je lui ai dit : fais comme tu le sens.

Et c'est là que c'est fort. Comme c'est lui qui a fabriqué les animations, il connaît le timing exact de chaque transition, de chaque apparition, de chaque surlignage. Donc il a placé les sons parfaitement. Du premier coup. 🎯

J'ai juste réécouté et ajusté deux ou trois volumes. Un effet trop fort, un autre trop faible. Il a corrigé.

7. La musique de fond

Dernier point. J'ai une musique que je remets quasiment à chaque vidéo. Je la lui ai donnée, en lui disant de la poser en fond à mon volume habituel, bien sous ma voix. Réglé. Et noté pour les prochaines fois.

5 heures pour une vidéo. Et c'est exactement l'intérêt.

Soyons honnêtes sur le temps. Cette vidéo m'a pris 4 à 5 heures. Sur CapCut, je l'aurais bouclée en une heure trente, comme d'habitude.

Tu peux te dire que c'est absurde. Cinq heures pour un truc que je boucle en une heure trente à la main.

Sauf que je n'ai pas monté une vidéo.

J'ai construit un système.

À chaque étape qui me plaisait, je lui disais : note ça, garde-le en mémoire, transforme ça en compétence réutilisable. Mes couleurs, mes polices, mes règles de sous-titres, ma façon de placer le son, ma musique. Tout est documenté. Pas dans ma tête, dans la sienne.

Résultat, la prochaine vidéo ne me prendra pas cinq heures. Peut-être une, le temps de peaufiner les quelques cas que je n'avais pas encore croisés. Celle d'après, quarante minutes. Puis trente.

Jusqu'au jour où je lui donne la vidéo brute, je pars marcher dix minutes 🚶, et je reviens devant un montage fini. Au bon format, à ma sauce, prêt à publier.

C'est ça que j'ai acheté avec mes cinq heures. Pas une vidéo. Une machine à vidéos.

Ce que tu peux en retirer

Si tu veux tester, retiens trois choses.

Filme normalement, fais tes coupes, donne la vidéo propre. L'IA n'a pas besoin de tout faire, juste de la partie créative répétitive.

Ne lui donne pas une consigne, donne-lui ton goût. Tes couleurs, tes polices, tes règles, tes manies. Le rendu vaut exactement ce que tu y mets de toi.

Et fais-lui tout documenter au fur et à mesure. La vraie valeur n'est pas dans la vidéo d'aujourd'hui, elle est dans le système que tu construis pour les cent prochaines.

Le montage du dernier Reel est sur mon Insta, @LeMondeDuMarketing. Va voir si ça fait « IA » ou pas, et dis-moi en commentaire ce que t'en penses.

Et si tu veux que je détaille une étape précise, le sound design ou le système de sous-titres par exemple, balance-le moi. J'en ferai un post entier.

Alex

 


 

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